Edito

Ils viennent de loin les spectateurs du Festival Django Reinhardt de Samois... du monde entier ! Certains viennent en péniche, emblème du festival, s'amarrer aux abords de la scène si proche de l'eau. D'autres viennent inonder de musique les folles nuits du camping de Samoreau, lieu culte et unique en son genre où les « boeufs » rythment chaque heure du jour et de la nuit. Il y a ceux qui débarquent pour un pique-nique bucolique en famille au son des guitares et sans avoir oublié la couverture à carreaux pour une sieste salvatrice à l'ombre des bouleaux, ceux du peuple manouche aussi, qui n'oublient pas ce grand rendez-vous mondial de la communauté pour, au moins, se reconnaître un temps. D'autres encore oublient le dernier bus pour Paris et refont les nuits lors d'un dernier verre, guitare sous le bras, au célèbre Café Fernand où Django Reinhardt avait ses habitudes.

 

Tous sont là pour un seul leitmotiv : la convivialité et l'échange autour du plaisir partagé de la musique, pour garder, ne serait-ce qu'en rêve, le souvenir tendre de moments magiques au Royaume de Django Reinhardt. Ici tout est prétexte au plaisir, jusqu'à la dernière note du festival où l'on assiste alors au ballet du départ des péniches et au concert des cornes de brume accompagnées par les artistes du festival. Un moment unique à l'image de la magie ressentie tout au long de cinq jours de festivités inoubliables.

 

En arrivant sur le Festival, les artistes savent qu'ils s'aventurent « chez » Django, le plus connu des jazzmen français aux USA, qu'ils arrivent dans sa dernière demeure. Django, celui qui a inventé un jazz unique aux mille influences, révolutionné la musique européenne, cassé les barrières des genres et métissé comme il se doit la musique en toute subtilité. Ici, ils débarquent comme chez un ami, caressent la porte et n'oublient pas d'essuyer leurs pieds sur le tapis vert, un bouquet de notes à la main pour saluer le maître des lieux, décédé à Samois il y a tout juste 60 ans cette année.

 

L'histoire a débuté en 1968, et depuis notre festival a grandi, à l'image des artistes révélés sur nos rives et devenus des incontournables. Notre motivation est de vous donner à entendre et découvrir ceux qui repoussent les limites et les contours de cette musique, qui ne cesse de se métisser et de bouleverser les lignes du genre. Pour cette édition, comme à leur habitude, les stars n'oublieront pas de jouter avec la jeune génération au village des luthiers, autour d'une guitare d'exception.

 

Au programme la chaleur de ceux qui « groovent » : Marcus Miller, Guillaume Perret, Niño Josele & Jerry Gonzalez , Jamie Cullum ; la précision de ceux qui narrent l'héritage du patron des lieux, Fiona Monbet, Timbo Mehrstein, Angelo Debarre, Wawau Adler, Les Doigts de l'Homme, Stochelo Rosenberg  ; les obsédés de la fête sans fin : Spokfrevo ou The Samois Fim Orchestra ; les « twisteurs » de jazz mondial : Ibrahim Maalouf, Jon Batiste, Omer Avital, John Pizzarelli, Cecile McLorin Salvant ; enfin les brouilleurs de pistes : Kellylee Evans, Adrien Moignard.

 

Il n'y aura jamais eu autant de guitares pour le 60ème anniversaire de la disparition de Django !

Bon festival, bonne découverte.   

 

 

 

Sébastien Vidal, Directeur artistique